Que peut apporter une étude systématique de l’oreille ?

vendredi 10 février 2012
par  Samy Ghattas

Que peut apporter une étude systématique de l’oreille ?

Sami Ghattas, Yves Rouxeville, Yunsan Méas

Que peut apporter une étude détaillée de l’oreille

Résumé : L’analyse de 862 points d’oreille retrouvés chez 106 sujets souffrant principalement de douleurs de l’appareil locomoteur, infirme le dogme de latéralité exclusive des points locaux. Par contre, il existe une latéralité pour le sous antitragus (zone dite du thalamus). De plus, cette étude confirme les études d’évaluation de l’auriculomédecine, car plus de 75% des points sont en baisse d’impédance, en particulier ceux détectés par la couleur Rouge 24.

Mots-clés : Auriculothérapie – Auriculomédecine – RAC - Baisse d’impédance – Sous antitragus.

1 - Justification de l’étude :

Depuis 2008 par Yves Rouxeville a mené, avec quelques collègues et élèves, des études sur la réalité des points d’oreille détectés par diverses techniques d’auriculomédecine. Ces études sont un contrôle instrumental de ces points par détection électrique différentielle [1,2,3,4,5].

En 2008, il a utilisé comme détecteur l’Agiscop DT®. Depuis 2009, il utilise le Modulo 100®. Au cours de toutes les études, il n’a retenu que les points les plus importants apparaissant spontanément (ces points ayant été traités ultérieurement). Or, la pratique de l’auriculomédecine enseigne qu’après le traitement des points, d’autres apparaissent assez rapidement, les points traités faisant place à d’autres points.

Il existe ainsi, en particulier chez les malades chroniques, une séquence de points comportant le point symptomatique qui apparaît en premier, et le point causal qui apparaît en dernier. Cette technique a été expliquée par le Dr Paul Nogier sous le nom de « séquence 24 » lorsqu’elle est effectuée pour les points d’oreille détectés par la couleur Rouge 24 de Kodak [6,7,8,9]. De même, dans un bon nombre de cas, on observe également une répartition géométrique des points, sur un rayon issu du point zéro [6,7,8,9].

Le Dr Sami Ghattas a décidé de lui même d’effectuer les mesures systématiques de tous les points retrouvés sur les deux oreilles. C’est ainsi qu’il a remis en octobre 2011 au Dr Rouxeville les copies des fiches d’examen de 106 sujets. Ce travail, bien qu’étant très difficile à exploiter, a été analysé.

2 - Matériel et méthodes :

2.1 - Diagnostic des points par auriculomédecine :

Samy Ghattas, élève des Drs Yunsan Méas et Yves Rouxeville, a examiné le pavillon de l’oreille de 106 sujets par divers procédés [6,8,9]. Parmi les principales stimulations, il a effectué la projection colorée rouge 24 (Kodak) sur une zone de la taille d’un confetti, et l’approche auriculaire par les pointes noire et blanche du bâtonnet noir blanc.

Il a noté d’éventuelles modifications de la texture du pouls radial du patient examiné, survenant à la suite de ces stimulations [6].

Pour espérer obtenir des résultats fiables et reproductibles en auriculomédecine, la prise du pouls et la recherche du RAC[1] ont été faites de manière convenable et académique, donc en satisfaisant aux quatre conditions ci dessous :

  • Une recherche du pouls effectuée par le pouce, sur l’artère radiale du sujet examiné,
  • Le pouce de l’observateur est perpendiculaire à la peau (ni le flanc radial, ni le flanc ulnaire de l’artère radiale),
  • L’ongle du pouce de l’observateur est dirigé vers le coude du sujet observé,
  • Un étalonnage préalable et régulier réalisé par le filtre « Polaroïds croisés » posé sur la ligne sagittale médiane du corps du sujet observé.

2.2 - Contrôle des points par détection électrique différentielle : [8,9,10]

Pour cette étude, Samy Ghattas a utilisé le détecteur AGISCOP DT ® dont il a bien l’habitude. Il s’est conformé aux quatre recommandations du fabricant : appui constant du capteur bi-électrodes coaxiales à mi course, pas de pression latérale, déplacement lent sur la peau, mesures stabilisées sur deux secondes. Avant la détection électrique, il n’a pas fait de désinfection par l’alcool oni autre produit, juste un nettoyage de l’oreille avec du coton sec.

Étalonnage de l'appareil : Référence : R

Il a été fait classiquement : sur le point zéro (conque). La valeur de cette mesure, dite R (référence) peut être différente à l’oreille droite et à l’oreille gauche. Par exemple, R a été trouvée à 4.

Contrôle des points en baisse d’impédance : BI

Le sélecteur est mis sur « + ». L’indication à retenir sera le chiffre indiqué par le potentiomètre. Le contrôle d’un point par un chiffre compris entre 0 et un chiffre 1/2 au dessus de R sera considéré en baisse d’impédance (pour cet exemple de 0 à 5,5). C’est la situation la plus fréquente.

Contrôle des points en hausse d’impédance : HI

Le sélecteur est mis sur « - ». Le potentiomètre doit être fréquemment ajusté, en raison de fréquents artéfacts. La hausse d’impédance sera considérée en comparaison des mesures effectuées dans l’environnement du point. C’est une situation bien moins fréquente.

Les points non significatifs : NS

Le sélecteur est mis sur « + ». L’indication à retenir sera le chiffre indiqué par le potentiomètre. Le contrôle d’un point par un chiffre d’au moins deux points au dessus de R sera considéré non significatif. Cette situation n’est pas fréquente.

2.3 - Report des informations sur un schéma validé :

Toutes les mesures seront reportées sur le Sectogramme de Romoli, un schéma validé qui divise le pavillon de l’oreille en quarante secteurs [11,12].

3 - Résultats :

Cent six (106) sujets ont été examinés en cabinet médical privé à Tunis (Tunisie) en quatre mois, du 27 juin 2011 au 27 octobre 2011, dont 67 femmes et 36 hommes, pour 139 atteintes principales (1,3 par sujet) :

  • 55 ont consulté pour une pathologie du rachis, pour un, deux voire trois atteintes (51,9%).
  • 45 ont consulté pour une pathologie des membres, pour un à trois atteintes (42,5%).

·       6 ont consulté pour une pathologie de la face (5,6%).

On note 3 gauchers, 3 ambidextres, 12 non renseignés et 88 droitiers (83%).

Les points retenus lors du dépouillement de l’enquête sont au nombre de 732 pour les points locaux (en correspondance directe), plus 130 dans le sous antitragus, soit un total de 862 points. En grande majorité, ces points ont été détectés par l’approche auriculaire des pointes blanche et noire du bâtonnet noir-blanc. La détection au Rouge 24 n’a été faite que chez 27 sujets.

Ont été retenus les points locaux (en correspondance directe) correspondant à la plainte :

·       pour les membres : de l’articulation en dessous à celle d’en dessus, et ceux du rayon,

·       pour le rachis : de la charnière en dessous à la charnière au dessus, et ceux du rayon.

3.1 - Étalonnage de l’AGISCOP DT :

Sur 106 sujets examinés en quatre mois, cet étalonnage n’a pas été reporté pour 27 sujets.

78 fiches sont exploitables. Elles ont été comptées à partir de la valeur notée sur le point zéro à l’oreille droite pour toutes les fiches, quelle que soit la latéralité exprimée.                   Tableau I

Impédance des références identiques à droite et à gauche (de + 0,5 à – 0,5 du repère) :

·       Valeur 4 pour la référence R à droite :      3 cas,

·       Valeur 3 pour  la référence R à droite :     6 cas,

·       Valeur 2 pour la référence R à droite :      16 cas,

·       Valeur 1 pour la référence R à droite :      3 cas,

·       Valeur 0 pour la référence R à droite :      11 cas,

Soit sous-total de :                        39 cas (50% des 78 cas exploitables)

Impédance des références voisines à droite et à gauche (+ 1 ou –1 du repère) :

·       Valeur 4 pour la référence R à droite :      1 cas

·       Valeur 3 pour la référence R à droite :      2 cas

·       Valeur 2 pour la référence R à droite :      6 cas

·       Valeur 1 pour la référence R à droite :      10 cas

·       Valeur 0 pour la référence R à droite :      3 cas

Soit sous-total de :                  22 cas (28% des 78 cas exploitables)

Le total des points dont la référence R de l’impédance est identique ou voisine entre le point zéro à droite et le point zéro à gauche est de :

            39 plus 22, soit 61 cas (78% des 78 cas exploitables)

Impédances décalées des références à droite et à gauche : 

  • Point zéro à droite décalé au delà de 1,5 en plus que le point de gauche : 11 cas (14%)
  • Point zéro à droite décalé au delà de 1,5 en moins que le point de gauche : 6 cas (8%)

3.2 - Étude selon la topographie des douleurs (rachis, membres, face) :

3.2.1 - Rachis :

55 sujets, 65 atteintes, âge moyen 51,7 ans (de 24 à 76 ans) ; 30 femmes et 25 hommes

44 droitiers, 1 gaucher, 2 ambidextres et 8 non renseignés.

65 atteintes principales : 45 lombaires (69%), 15 cervicales (23%), 5 thoraciques, 2 coccyx.

Parmi ces atteintes : 23 atteintes médianes (35%), 17 latéralisées à gauche (26%), 15 latéralisées à droite (23%), et 7 en barre (droite + médian + gauche).

Sur ces 65 atteintes, on note 39 chroniques (60%), 14 récentes (21,5%) et 12 aiguës (18,5%)

9 atteintes pathologiques sont sous antalgiques (13,8%)

10 ont des boucles d’oreilles en or (15,3%). Un sujet examiné par temps froid, 3 par vent sec.

Echelle Visuelle Analogique de la douleur moyenne à 7,15 (de 5 à 10)

Echelle Visuelle de Gêne Fonctionnelle moyenne à 7,76 (de 4 à 10)

Echelle de Retentissement Psychologique moyenne à 7,64 (de 4 à 10).

Total des points : 215 à l’oreille droite et 217 à l’oreille gauche, soit un total de 432 points

À l’oreille droite : 176 points en B.I. (81,8%), 21 points en H.I. et 18 non significatifs. Parmi les 21 points en hausse d’impédance, figurent 13 points détectés par le noir (incomplet).

Sur les 91 points R 24 (incomplet), 77 sont détectés par R 24 et blanc (84,6%), alors que 84 sont en baisse d’impédance (92,3%)

À l’oreille gauche : 169 points en B.I. (77,8%), 29 points en H.I. et 19 non significatifs. Parmi les 29 points en hausse d’impédance, figurent 11 points détectés par le noir (incomplet).

Sur les 101 points R 24 (incomplet), 84 sont détectés par R 24 et blanc (83,1%), alors que 82 sont en baisse d’impédance (81,1%).

N.B. En fin d’étude, trois sujets ont été étudiés avec Rouge 25 : 6 points à droite, tous blancs et en baisse d’impédance. Ces 6 points R 25 sont également R 24 (incomplet : 3 sujets sur 55).

3.2.2 - Membres :

45 sujets, 68 atteintes, âge moyen 57,7 ans (de 29 ans à 86 ans), 31 femmes pour 14 hommes.

38 droitiers, 2 gauchers, 1 ambidextre et 4 non renseignés

67 atteintes principales dont 43 genou, 12 épaules, 6 pied, 4 hanche, 1 cuisse, 1 talon.

37 atteintes à droite (54,4%), 31 atteintes à gauche (45,5%).

Sur ces 67 atteintes, on note 39 chroniques 58,2%), 19 récentes (28,3%), 9 aiguës (13,4%)

13 ont boucles d’oreilles en or (28,8%). Un sujet examiné en forte chaleur

17 atteintes pathologiques sous antalgiques (25%) ; une sous antidépresseur.

Echelle Visuelle Analogique de la douleur moyenne à 7,18 (de 4 à 10)

Echelle Visuelle de Gêne Fonctionnelle moyenne à 7,15 (de 5 à 10)

Echelle de Retentissement Psychologique moyenne à 6,80 (de 4 à 10).

Total des points : 124 à l’oreille droite, 125 à l’oreille gauche, soit un total de 249 points

À l’oreille droite : 93 points en B.I. (75%), 19 points en H.I., 12 non significatifs,

8 points noirs en hausse d’impédance (incomplet)

55 points R 24 (incomplet) dont 50 sont en Baisse d’impédance (90,9%)

À l’oreille gauche : 94 points en BI (74,4%), 14 points en H.I., 17 non significatifs,

10 points noirs en hausse d’impédance (incomplet)

61 points R 24 (incomplet) dont 52 sont en Baisse d’impédance (85,2%)

N.B. En fin d’étude, 3 sujets ont été étudiés avec Rouge 25 : 7 points à l’oreille gauche, tous blancs et en baisse d’impédance. Ces 7 points R 25 sont également R 24 (incomplet : 3 sujets sur 55).

3.2.3 – Face :  

Six sujets. Six atteintes dont quatre névralgies du trijumeau (3 à droite, une à gauche) et deux migraines bilatérales. Six femmes, six droitières.

Un cas aigu, pour cinq cas chroniques.

Echelle Visuelle Analogique de la douleur moyenne à 9,6

Echelle Visuelle de Gêne Fonctionnelle moyenne à 8,6

Echelle de Retentissement Psychologique moyenne à 8,6

Total des points : 24 à l’oreille droite, 27 à l’oreille gauche : soit 51 points

14 points en B.I. à l’oreille droite ; 10 points en H I à l’oreille droite

15 points en B I à l’oreille gauche ; 12 points en H I à l’oreille gauche.

3.3 - Étude selon l’ancienneté des symptômes (douleurs chroniques, récentes, aiguës) :

Elle a seulement été effectuée sur les douleurs du rachis et les douleurs des membres, en raison de l’importance de leur recrutement.

Les résultats sont explicités dans les Tableaux II, III et IV.

3.3.1 - Chroniques (douleurs durant depuis plus de six mois) :

75 cas de douleurs chroniques de l’appareil locomoteur : 39 pour le rachis, 36 pour les membres .

Sur les 39 atteintes du rachis, on note 16 atteintes médianes,  9 atteintes à gauche, , 7 atteintes à droite et 5 atteintes en barre (droite, médiane et gauche).

Sur les 36 atteintes des  membres, on note 17 atteintes à gauche et 16 atteintes à droite.

E.V.A. (douleur) : 7,46 pour le rachis R.C., 7,35 pour les membres M.C., 7,4 pour le tout.

E.V.G. (gêne fonctionnelle) : 7,5 pour le rachis, 7,22 pour les membres, 7,37 pour le tout.

E.R.P. (impact psychologique) : 7,65 pour le rachis, 6,92 pour les membres, 7,29 pour le tout.

Médicaments : 5 atteintes du rachis sous antalgiques, 11 atteintes des membres sous antalgiques.

Boucles d’oreilles (en or) : 6 atteintes du rachis en portent, 13 pour les atteintes des membres.

Impédance des 39 rachis chroniques (R.C.) : 253 points contrôlés (BI, HI ou NS), dont :

  • 119 points contrôlés à l’oreille droite, 134 points contrôlés à l’oreille gauche,
  • 198 en baisse d’impédance (78,2% des R.C.) soit 5,07 points par atteinte,
  • 31 en hausse d’impédance (12,2%),
  • 24 non significatifs (9,4 %),

74 des 88 points détectés au rouge 24 (incomplet) sont en baisse d’impédance (84% des R.C.).

Impédance des 36 membres chroniques (M.C.) : 214 points contrôlés (BI, HI ou NS), dont :

  • 112 points contrôlés à l’oreille droite, 102 points contrôlés à l’oreille gauche,
  • 152 points en baisse d’impédance (71%des M.C.) soit 3,9 points par atteinte,
  • 43 en hausse d’impédance (20%),
  • 19 non significatifs (8,8%),

59 des 84 points détectés au rouge 24 (incomplet) sont en baisse d’impédance (70,2% des M.C.).

3.3.2 - Récentes (douleurs durant depuis un à six mois) :

33 cas de douleurs récentes de l’appareil locomoteur : 14 pour le rachis, 19 pour les membres.

Pour le rachis, 6 atteintes à droite, 4 atteintes médianes, 2 atteintes à gauche et 1 atteinte en barre.

Pour les membres, 13 atteintes à droite et 6 atteintes à gauche.

E.V.A. (douleur) : 7 pour le rachis R.R., 7,76 pour les membres M.R., 7,44 pour le tout.

E.V.G. (gêne fonctionnelle) : 7,5 pour le rachis, 7,89 pour les membres, 7,73 pour le tout.

E.R.P. (impact psychologique) : 6,86 pour le rachis, 7,63 pour les membres, 7,3 pour le tout.

Médicaments : 3 atteintes du rachis sous antalgiques, 6 atteintes des membres sous antalgiques.

Boucles d’oreille (en or) : 2 atteintes du rachis en portent, 3 pour les atteintes des membres.

Impédance des 14 rachis récents (R.R.) : 102 points contrôlés (BI, HI ou NS), dont :

  • 50 points contrôlés à l’oreille droite, 52 points contrôlés à l’oreille gauche,
  • 81 en baisse d’impédance (79,4% des R.R.) soit 5,8 points par atteinte,
  • 11 en hausse d’impédance (10,8%),
  • 10 non significatifs (9,8 %),

42 des 47 points détectés au rouge 24 (incomplet) sont en baisse d’impédance (89,3% des R.R.).

Impédance des 19 membres récents (M.R.) : 105 points contrôlés (BI, HI ou NS), dont :

  • 52 points contrôlés à l’oreille droite, 53 points contrôlés à l’oreille gauche,
  • 91 points en baisse d’impédance (86,7% des M.R.) soit 4,8 points par atteinte,
  • 6 en hausse d’impédance (5,7%),
  • 8 non significatifs (7,6%),

66 des 79 points détectés au rouge 24 (incomplet) sont en baisse d’impédance (83,5% des M.R.).

3.3.3 - Aiguës (douleurs durant depuis moins d’un mois) :

21 cas de douleurs aiguës de l’appareil locomoteur : 12 pour le rachis, 9 pour les membres .

Pour le rachis, 6 atteintes à gauche, 4 atteintes médianes et 2 atteintes à droite.

Pour les membres, 5 atteintes à droite et 4 atteintes à gauche.

E.V.A. (douleur) : 7,9 pour le rachis R.A., 8,2 pour les membres M.A., 8 pour le tout.

E.V.G. (gêne fonctionnelle) : 8 pour le rachis, 8,05 pour les membres, 8,03 pour le tout.

E.R.P. (impact psychologique) : 7,75 pour le rachis, 8 pour les membres, 7,86 pour le tout.

Médicaments : 2 atteintes du rachis sous antalgiques, 2 atteintes des membres sous antalgiques.

Boucles d’oreille (en or) : 3 atteintes du rachis en portent, 2 pour les atteintes des membres.

Impédance des 12 rachis aigus (R.A.) : 73 points contrôlés (BI, HI ou NS), dont :

  • 37 points contrôlés à l’oreille droite, 36 points contrôlés à l’oreille gauche,
  • 63 en baisse d’impédance (86,3% des R.A.), soit 5,25 points par atteinte,
  • 6 en hausse d’impédance (8,2%),
  • 4 non significatifs (5,5%),

24 des 29 points détectés au rouge 24 (incomplet) sont en baisse d’impédance (82,7% des R.A.).

Impédance des 9 membres aigus : 58 points contrôlés (BI, HI ou NS), dont :

  • 26 points contrôlés à l’oreille droite, 32 points contrôlés à l’oreille gauche,
  • 42 points en baisse d’impédance (72,4% des M.A.), soit 4,66 points par atteinte,
  • 8 en hausse d’impédance (13,8%),
  • 8 non significatifs (13,8%),

24 des 29 points détectés au rouge 24 (incomplet) sont en baisse d’impédance (82,7% des M.A.). 

3.4 – Représentation du sous-antitragus (zone dite du Thalamus) :

Cette région est décrite depuis longtemps comme utile dans le traitement des douleurs chroniques ou des douleurs unilatérales [9, 13, 14, 15]. La région du sous antitragus surplombe la conque. Elle a été notée en baisse d’impédance 130 fois chez les 106 sujets, fréquemment aux deux oreilles, avec la répartition générale suivante :

  • Pour les 39 rachis chroniques : 22 fois à gauche (56% des cas) et 17 fois à droite
  • Pour les 36 membres chroniques : 18 fois à gauche (50% des cas) et 15 fois à droite
  • Pour les 14 rachis récents : 10 fois à gauche (71% des cas) et 6 fois à droite
  • Pour les 19 membres récents : 9 fois à gauche (47% des cas) et 5 fois à droite
  • Pour les 12 rachis aigus : 8 fois à gauche (67% des cas) et 7 cas à droite
  • Pour les 9 membres aigus : 6 fois à droite (67% des cas) et 4 fois à gauche
  • Pour les 6 atteintes de la face : 6 fois à droite (67%) et 3 fois à gauche

4 - Discussion :

4.1 – La suspicion d’interférences :

Cette étude ne montre pas d’incidence évidente des boucles d’oreille (toutes en or) sur la détection du point par la projection de Rouge 24, ni sur la détection électrique. C’était une crainte exprimée par les membres du Conseil Scientifique habitués aux recherches sur les champs de torsion !

4.2 – Sur l’impédance du point zéro :

Cette étude sur 100 sujets souffrant de l’appareil locomoteur montre pour la première fois que l’impédance du point zéro (la référence) est :

  • une fois sur deux identique à droite et à gauche,
  • trois fois sur quatre très voisine à droite et à gauche.

4.3 – Sur le ressenti douloureux, fonctionnel et psychologique :

Cette étude indique le niveau de souffrance moyen. La douleur ressentie s’élève avec le temps, aussi bien pour les pathologies du rachis que des membres. Ceci laisse penser à une meilleure tolérance, ou à un certain degré de fatalisme.

Chez les chroniques, la douleur, le retentissement fonctionnel et le retentissement psychologique sont légèrement plus importants dans les atteintes du rachis que pour celles des membres. Dans les douleurs aiguës, ces trois propositions s’inversent.

4.4 – Sur la répartition générale de la baisse d’impédance :

Dans ses études d’évaluation en auriculomédecine, Rouxeville avait remarqué lors des contrôles par le Modulo 100 que 65% à 85% de points sont ordinairement détectés en baisse d’impédance. Cette étude montre que plus de 75% des points sont contrôlés en baisse d’impédance par l’Agiscop DT.

4.5 – Sur la répartition générale de la hausse d’impédance :

Dans ses études d’évaluation en auriculomédecine, Rouxeville avait remarqué lors des contrôles par le Modulo 100 que 5% à 20% de points sont ordinairement détectés en hausse d’impédance [1, 2]. Cette étude montre que 6 à 20% des points sont contrôlés en hausse d’impédance par l’Agiscop DT.

4.6 – Sur la répartition électrique des points détectés par le rouge 24 :

Dans ses études d’évaluation en auriculomédecine, Rouxeville a noté par le Modulo 100 que 89% des points détectés par le Rouge 24 sont en baisse d’impédance [16]. Cette étude montre que, selon les séries, de 70 à 90% des points détectés par le Rouge 24 sont en baisse d’impédance.

4.7 – Sur la latéralité des points locaux (la correspondance directe avec l’organe) :

Cette étude démontre que l’enseignement que nous avons reçu et/ou transmis repose sur un dogme, celui d’une seule oreille porteuse des informations pathologiques. Quelles que soient les pathologies et les types de détections, on observe un recrutement de points comparable pour chaque oreille, la droite et la gauche, à l’aide de l’Agiscop DT !

Ce fait vient d’être également noté dans une tout autre étude portant sur vingt sujets présentant eux aussi des pathologies de l’appareil locomoteur (rachis et membres) [17]. Elle retrouve un nombre de points comparable contrôlés à l’oreille droite et à l’oreille gauche à l’aide du Modulo 100 !

De manière indiscutable, cette étude nous interroge sur la latéralité des points locaux (le point du genou en cas de gonalgie). L’information pathologique semble bien pouvoir être retrouvée sur les deux oreilles.

En corollaire, ce fait nous fait questionner : combien de praticiens, ayant vérifié une douleur au bon endroit d’une oreille, vont ensuite contrôler l’autre oreille de ce même patient ?

4.8 – Sur la latéralité des localisations à l’antitragus :

Nous avons été surpris par le fait que la majorité des points dits du thalamus ont été retrouvés à l’oreille gauche chez les chroniques, et dans une certaine mesure chez les cas récents. Par contre, cette répartition semble assez symétrique chez les aigus. Cette impression doit être tempérée par le faible nombre de malades aigus et récents.

Par contre, sur les quelques cas de douleurs de la face, la répartition se fait en majorité à l’oreille droite. La décussation des voies médullaires serait elle une explication à retenir ?

4.9 – L’intérêt des études multicentriques :

Le Conseil Scientifique d’Auriculo. Sans Frontières a établi au cours de l’année 2011 des protocoles destinés à des études multicentriques. Elles seront effectuées faites par différents médecins ayant eu la même formation (par Auriculo. Sans Frontières) mais exerçant en des endroits différents, tels que la Tunisie, le Maroc, l’Inde, le Brésil ou la France.

Plusieurs types d’études multicentriques ont donc été établis par le Conseil Scientifique d’AASF (formé de 8 membres dont 4 Professeurs de Médecine, 2 médecins très au fait de la technique et 2 scientifiques non médecins.

Ces protocoles ont été établis afin de limiter au maximum les biais humains. Pour être facilement réalisables, ils visent à analyser seulement deux à trois paramètres. Le dépouillement des résultats en sera facilité.

Une attention extrême sera apportée aux chiffres instrumentaux, à la mesure physique qu’est la variation d’impédance d’un point par rapport à son environnement.

5 - Conclusions :

Cette étude solitaire, bien menée malgré une absence de rigueur procédurale initiale, montre de façon flagrante que la grande majorité des points détectés par auriculomédecine obéit à une répartition majoritaire en fonction de leur contrôle par détection électrique différentielle :

  • détection par la pointe blanche du bâtonnet noir-blanc et baisse d’impédance ponctuelle,
  • détection par la pointe noire du bâtonnet noir-blanc et hausse d’impédance ponctuelle,
  • détection par la projection de la couleur Rouge 24 (Kodak) et baisse d’impédance

Menée de manière indépendante, elle confirme les études menées sous la direction de Rouxeville, et apportent ainsi un argument important dans la validité de la détection en auriculomédecine.

Apportant des constatations nouvelles, elle nous interroge et sera une référence prioritaire pour les études multicentriques, tant en auriculothérapie qu’en auriculomédecine.

6 - Références :

1. Rouxeville Y, LeBel M, Méas Y, Trabelsi D, Ghattas S. Bilan de deux années d’évaluation des tests d’auriculo-médecine décrits par Paul Nogier (versus détection électrique). Acupuncture et Moxibustion 2010; 9(3):188-195.

2 Rouxeville Y, LeBel MR, Méas Y, Trabelsi D, Vidal P. Étude des points auriculaires en hausse d’impédance. Acupuncture et Moxibustion 2011;10(2):93-97.

3. Rouxeville Y, LeBel MR, Méas Y, Vidal P, Ghattas S, Bécu P. Contrôle par détection électrique des points auriculaires détectés par la fréquence de battement. Acupuncture et Moxibustion 2011;10(3):191-197.

4. Rouxeville Y, Courty D, LeBel MR, Vulliez C, Méas Y, Vidal P. Contrôle par détection électrique et par prise du RAC-VAS, de points auriculaires induits à l’approche cutanée d’un neuromédiateur dilué. Revue ICAMAR n°4 (novembre 2011). Available from: URL: www.icamar.org

5. Rouxeville Y. Vérification de localisations auriculaires détectées par auriculomédecine, à l’aide du marteau détecteur 3 Volts. Revue ICAMAR n°4 (novembre 2011). Available from: URL: www.icamar.org

6. Rouxeville Y. Acupuncture auriculaire personnalisée. Sauramps médical, Montpellier (2000).

7. Rouxeville Y. Index des cours effectués par le Dr Paul Nogier du 27 février 1981 au 9 juillet 1994. Peut être consulté sur www.biblio.auriculo.fr (2009).

8. Rouxeville Y, Méas Y. Panorama de l’auriculothérapie et de l’auriculomédecine. Springer-Verlag France (2011).

9. Rouxeville Y, Méas Y, Bossy J. Auriculothérapie, Acupuncture auriculaire. Springer-Verlag France, Paris (2007).

10. Rouxeville Y, Courty D, Méas Y, Bécu P, Gesbert A, LeBel MR. Hypothèses sur la détection électrique différentielle du point d’oreille. Acupuncture et Moxibustion 2010; 9(4):275-280.

11. Romoli M. Agopuntura Auricolare. Utet, Torino (2003).

12 Romoli M. Auricular Acupuncture Diagnosis. Churchill Livingstone, Edinburgh (2010).

13. Nogier P. Quelques points à bien connaître. Revue auriculomédecine n°2 (janvier 1976), p.12.

14. Bourdiol RJ. Le système nerveux central en auriculo-médecine (suite). Revue auriculomédecine n°7 (avril 1977), p. 10-13.

15. Bourdiol RJ. Éléments d’auriculothérapie. Maisonneuve, Moulins-lès-Metz (1981) p. 160-163).

16. Rouxeville Y. Contrôle électrique des points repérés par des projections colorées. XV° Journées de la FAFORMEC, Fontevraud, 26 novembre 2011.

17. Ezzeddine N. Premiers résultats d’études multicentriques sur la répartition de points d’oreille. XV° Journées de la FAFORMEC, Fontevraud, 25 novembre 2011.

 


[1] Réponse Autonome Circulatoire (VAS en Anglais, PNR : Paul Nogier Reflex en Allemand)

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